AblaZine

ATARAXIA
Interview avec Francesca Nicoli (vocaux/flûte)

Loin du tumulte de la scène Metal, voici bientôt vingt ans que les talentueux artistes italiens d’ATARAXIA nous font partager leur univers lyrique et dépaysant, à travers un répertoire musical riche et très inspiré, véritable invitation aux voyages et à la méditation. Nous avons voulu en savoir plus sur ce groupe si singulier à la musique intemporelle et envoûtante. La charmante Francesca a accepté de répondre à nos questions dans un français irréprochable !

Je savais que vous existiez depuis quasiment 15 ans puisque votre première démo tape "Prophetia" est sortie en 1990, mais en parcourant votre site, j’ai remarqué des dates de concerts datant de 1986 ! Pouvez-vous nous expliquer un peu en quelle année exactement vous avez démarré ATARAXIA et dans quelles circonstances ?

Le groupe est né à la fin de 1985 mais la formation actuelle avec moi à la voix et Vittorio à la guitare est née un an plus tard, à la fin de 1986. Giovanni, le clavier, est entré au début de 1990 à l'occasion de l'enregistrement de notre première démo 'Prophetia'. Nous l'avons connu à Londres où il travaillait. Un jour des amis me disent qu'ils viennent de créer un groupe (à l'époque on écoutait tous du Punk, post-Punk et de la New Wave, c'était la moitié des années 80 et l'on fréquentait encore le lycée), ils avaient besoin d'une chanteuse et moi j'avais déjà un peu d'expérience, j'avais chanté dès la fin du collège avec un groupe Electrowave de ma ville, je me suis lancée (rigoureusement sans micro), j'ai commencé à crier, à utiliser ma voix et à chanter d'une façon qui les a surpris et je suis entrée tout de suite dans le groupe (qui ne s'appelait pas encore ATARAXIA), puis est entré un guitariste épris de post-Punk et de musique Renaissance (il chantait aussi dans une chorale), ATARAXIA était né. Nous avons créé une dizaine de chansons et fait quelques concerts, un an plus tard entra Vittorio.

Aujourd’hui, quel bilan faîtes vous de votre – déjà longue – carrière ? Est-ce qu’il y a des choses que vous auriez aimé faire différemment ? Quel regard portez-vous sur vos premiers albums et sur votre évolution musicale ?

Nous n’aimons pas faire de bilans, du moins musicalement. J’ignore si notre choix de rester toujours indépendants, de travailler avec de nombreux labels tout en prenant soin de notre promotion et de nos concerts a été une bonne chose. Nous voulons avoir la garantie d’une totale liberté artistique comme ce fut le cas jusqu’à présent, même si avec les années, le stress, la fatigue et les problèmes liés à l’absence de management se font ressentir. Un surplus de travail très fatiguant. Mais c’est comme ça, nous avons fait nos choix et nous les assumons. Musicalement parlant le bilan est positif il n’y a rien que nous referions, non pas parce que nous ou notre musique seraient parfaits, mais parce que nous avons toujours travaillé avec une totale créativité, explorant de nombreuses formes musicales et thématiques avec enthousiasme et spontanéité. Bien que nous jouions depuis longtemps, l’imagination et l’inspiration sont toujours restées les puissants moteurs qui nous guident quotidiennement : des nouvelles idées pour chaque album, des nouveaux instruments et sonorités à explorer, des nouvelles voies… En ce moment même nous travaillons à un nouvel album conceptuel assez différent des précédents. La musique est le phare qui nous guide.

Puisqu’on en parle, vos albums sont tous assez différents les uns des autres, chacun étant porteur de son propre concept, les statues avec "Simphonia Sine Nomine", la musique baroque avec "Concerto n°6", l’eau avec "Lost Atlantis", dernièrement les jardins avec "Saphir"… Quels sont les thèmes encore non abordés dans vos chansons que vous aimeriez explorer ?

Beaucoup. Disons que les nouveaux thèmes sur lesquels nous travaillerons (et travaillons) sont la ritualité et la sacralité féminine liées au culte de la grande Mère de Samothrace (en fait ce n’est pas si nouveau que ça ayant déjà écrit sur les anciens cultes méditerranéens et sur la figure féminine) et puis nous sommes en train de créer une sorte de mini-concept inspiré du "Spleen de Paris" de Baudelaire avec des sonorités du cirque, inspirées par Fellini, presque une musique de fanfare avec des voix étranges et surréalistes dans lequel nous nous transformerons en nos alter-egos Madame Bistouri et Circuz Kump.

Vous avez énormément de concerts à votre actif, mais finalement très peu en France, pays que pourtant vous m’aviez confié beaucoup apprécier… Pourtant, je trouve que votre musique prend réellement toute sa dimension en live…

Quoi te dire à ce sujet…. nous avons joué à Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Avignon mais pas si souvent que ça. La France (comme du reste l’était l’Italie il y a quelques années) n’offre pas beaucoup de possibilités de concerts et de locaux disposés à accueillir un certain genre de musique difficilement homologuable. A part les groupes Metal, les groupes indépendants liés de près ou de loin à la scène Folk, Ambient, Dark-Wave se produisant dans des villes autres que Paris ne sont pas si nombreux. Pourtant la France a inspiré bon nombre de nos chansons, autant les poètes français que la musique traditionnelle, ainsi que les lieux et paysages (La Normandie, Paris même et la Provence). Parmi nous quelques-uns parlent plutôt bien la langue française qui, chantée, se révèle être d’une extrême musicalité, qu’ils s’agissent de morceaux théâtraux ou plus éthérés et mélancoliques. De plus nous avons trouvé en France quelques-uns de nos plus fidèles supporters et amis et parmi eux notre webmaster, Nicolas, qui prend soin de notre site web et a réalisé le graphisme de nos derniers albums.

Les deux uniques fois où je vous ai vus en concert à Paris, j’ai trouvé vos mises en scène absolument fantastiques. Comment germent toutes ces idées ? Travaillez-vous toujours avec un chorégraphe ?

Au début ATARAXIA était un groupe théâtral et musical, un mime travaillait avec nous, des scénographes et des acteurs, nous avons également collaboré avec des peintres qui peignaient des fresques improvisées pendant nos concerts, avec un artiste qui créait des masques en cuivre et en bois, et une compagnie d’acteurs dont fait parti notre photographe. Les arts visuels étaient donc les bienvenus dans nos spectacles. Malheureusement tout cela est un peu compliqué à organiser et à transporter mais nous essayons toujours de créer une sorte de scénographie qui nous caractérise.

Vous vous produisez régulièrement dans des lieux chargés d’histoire tels que des abbayes, des châteaux… Est-ce qu’il y a d’autres endroits où vous aimeriez particulièrement jouer ? Quels sont vos meilleurs souvenirs de concerts ?

Oui, nous aimerions jouer près de la mer ou d’un miroir d’eau, dans un lieu où l’on perçoit le son des vagues, l’odeur saumâtre de la mer. Nous avons déjà joué dans des bois, dans d’anciennes maisons immergées dans des jardins ou à l’intérieur de parcs mais nous souhaiterions aussi avoir la possibilité de jouer dans un parc où le murmure des jeux d’eau se fondrait naturellement avec la musique. Nous avons beaucoup aimé jouer à Segobriga, en Espagne, à l’intérieur d’un théâtre d’origine romaine à ciel ouvert. Nous jouions sur la pierre nue entre deux colonnes massives et le public était assis sur des gradins qui avaient au moins deux milles ans. Le château Normand de Casaluce (dans le sud de l’Italie) est aussi un lieu vraiment spécial. Nous y donnerons de nouveau un concert médiéval en juillet. Ce fut une grande émotion de jouer au Portugal, un endroit qui nous a profondément inspiré. Magique également fut l’Argentine, le théâtre Inmaculada Conception est splendide.

Quelle est votre degré de notoriété en Italie ? Dans quels pays avez-vous le plus grand nombre de fans ?

Nous avons beaucoup joué en Italie et au fil des ans, de nombreuses revues journalistiques (Dark, Metal, Prog, Rock, d’avant-garde et culturelles) se sont intéressées à nous. Avec les années notre public a grandi notablement et il aime nous suivre en concert dans les endroits les plus impensables, particulièrement en été quand nous nous produisons dans des lieux très suggestifs à ciel ouvert. Nous avons beaucoup d’auditeurs en Amérique Latine, au Mexique, Argentine, Chili et au Portugal. Ils nous écrivent et nous écoutent des quatre coins de la planète, Hong Kong, Chine, Russie, pays balkaniques et Grèce.

Comment composez-vous vos chansons ? Vos voyages constituent-ils votre principale source d’inspiration ?

Oui, presque toujours. Les voyages (seuls ou ensemble pendant nos tournées) sont l’axe porteur de nos albums conceptuels. Nous avons parlé des Chevaliers templiers portugais, des sites et nécropoles de Lycie en Turquie, d’anciens cimetières italiens, de Paris et de ses parcs, de la Grèce et de ses îles fascinantes chargées d’histoire, de la Normandie et des soyeux paysages de la côte d’Albâtre. La littérature aussi nous a inspiré, 'Orlando' de Virginia Woolf, 'Le Fantôme de l’Opéra' de Leroux, les écrits de Platon, Coleridge, Sylvia Plath, Alejandra Pizarnik, Mallarmé, Baudelaire, Apollinaire, Sappho, Neruda et tant d’autres. Nous composons ensemble et parfois séparément, chacun apporte ses idées et ensuite tout s’arrange naturellement. Parfois tout naît d’une improvisation. Nous répétons dans une ancienne maison de campagne qui était un couvent, les murs de pierre et la nature nous entourent et nous inspirent.

Francesca, je crois que tu as fait des études dans les langues étrangères. Est-ce toi qui écris toutes les paroles d’ATARAXIA (en italien bien sûr, mais aussi allemand, anglais, français…) ?

Oui, j’ai étudié la littérature, l’histoire médiévale et les langues étrangères et j’aime particulièrement le français, l’anglais et l’espagnol en plus de l’italien, ma langue maternelle, et le latin. Je connais quelques-unes d’entre elles, mais souvent c’est la fascination pour la sonorité d’une langue qui fait que je me l’approprie et l’utilise pour les paroles de chansons. Ce n’est pas toujours nécessaire de connaître le sens des mots, c’est le son qui me transporte. J’écris les textes moi-même ou bien ils sont extraits de poésies.

On vous associe en général à la scène Gothique, mais êtes-vous conscient d’avoir également quelques fans appartenant plutôt au milieu Metal extrême ? Est-ce que c’est un style de musique que vous connaissez et qui vous intéresse ?

Oui nous le savons. En Italie nous avons de nombreux auditeurs passionnés de Metal extrême mais aussi en Amérique Latine, Russie, Portugal et dans beaucoup d’autres pays. Tout a commencé avec la sortie de l’album 'Le Fantôme de l’Opéra' sur Avantgarde, un label italien de Metal extrême. Le public Metal était souvent présent lors de nos performances médiévales et en Italie nous avons beaucoup d’échanges avec des journalistes du monde Metal. D’ailleurs notre livre qui sortira prochainement 'Arcana Eco', a été écrit en collaboration avec Ferruccio Filippi, journaliste de Grind Zone, magazine très connu qui traite de ce genre musical.

Qu’est-ce que vous écoutez principalement ? Vous me semblez très attirés par la musique médiévale d’une manière générale. Est-ce que vous vous intéressez par exemple aux musiques orientales… ? Ca pourrait faire un bon thème pour un prochain album…

Oui la musique médiévale nous intéresse mais pas seulement, nous aimons aussi beaucoup la musique baroque, symphonique, d’avant-garde, ambient et la musique du monde, en particulier la musique orientale. Nos nombreux séjours en Grèce et Turquie nous ont fait découvrir énormément de choses tant sur la musique balkanique que méridionale et Riccardo, notre percussionniste, est passionné de musiques et d’instruments orientaux, en particulier le darbouka, le tar, les tablas, et divers types de cymbales. Dans notre prochain travail dédié à Samothrace quelques morceaux seront inspirés de ces musiques et atmosphères (comme du reste nous l’avions déjà fait dans 'Jarem Gitti', morceau turque du 13ème siècle présent sur l’album 'Mon Seul Désir').

Francesca, tu as également participé à l’album "In Absentia Christi" de MONUMENTUM. Sais-tu où en est ce projet et aimerais-tu réitérer l’expérience avec d’autres groupes ?

Monumentum n’existe plus. Après l’album auquel j’ai participé ils ont sorti un second album, une compilation et puis ont tout arrêté, il y a un ou deux ans. En ce moment je n’ai pas de collaborations en vue. L’année dernière j’ai enregistré ma voix pour l’album soliste de notre guitariste et depuis je me dédie entièrement aux nouveaux projets d’ATARAXIA.

Pour en revenir à votre actualité, pouvez-vous nous parler de "Arcana Eco" ? De quoi est composée la partie Book exactement ? Pourquoi sa sortie est-elle repoussée à décembre 2005, alors que vous l’annonciez pour début 2005 ?

"Arcana Eco" est un projet très ambitieux et sa réalisation nous a engagé pour plus d’un an et demi. Le label Ark Records a décidé d’inaugurer avec nous une série d’œuvres monographiques (avec CD inclu) consacrée aux groupes italiens indépendants. Un coffret en carton renfermera un livre illustré de 164 pages et un digibox contenant un CD de morceaux exclusifs. Le livre a été écrit par le journaliste musical Ferruccio Filippi et moi-même et est illustré avec les photos de Livio Bedeschi. C’est un vrai voyage géographico-musical à travers nos albums et les photos de voyage des lieux qui ont inspiré notre musique. Après un texte de préface, "Pèlerinages", on passe à travers divers phases et éléments qui sont la pierre, l’eau, les passages, le rêve, la contemplation et la lumière. Chaque chapitre analyse l’élément qui le caractérise et le lien qui le lie à nos albums, de nombreux écrits relatifs aux albums conceptuels sont également inclus. Toutes les pages impaires du livre contiennent une photo pleine page, 'visions de voyage'. La seconde partie du livre contient entre autres une interview exhaustive, de nombreux écrits poétiques, des photos du groupe, les textes des chansons et une discographie mise-à-jour. Ce livre devait sortir en décembre mais nous avons pris du retard à cause de la traduction anglaise, de l’ajout d’une quarantaine de pages enrichies de nouveaux textes et photos. Le tout a été achevé dans ces jours et sera envoyé à la maison d’édition au mois de juin. Il devrait être finalement disponible au mois de juillet. Ce fut un travail très accaparant mais il en valait la peine.

Vous aviez également annoncé la sortie du double album live "Odos Eis Ouranos" pour janvier. Qu’en est-il ?

L’album est sous presse en ce moment même. Malheureusement, en décembre dernier, alors que tout était prêt à être imprimé, l’un des musiciens qui avait participé au projet jouant les instruments à vent a retiré sa permission de publication à la grande stupeur de tous, groupes et label. Nous avons donc décidé de réenregistrer une performance acoustique pour piano, guitare classique et voix avec un bon nombre de morceaux inédits et d’autres appartenant à de vieux albums réarrangés de manière originale. Certains morceaux appartiennent à des éditions limitées désormais introuvables. J’aime beaucoup ce projet car on y trouve des morceaux de piano très envoûtants, opératiques et théâtraux, dramatiques, imprégnés de spleen. L’album sera présenté sous la forme inédite d’un double digipack avec notre performance et celle du groupe néoclassique italien Autunna et sa Rose réunis autour d’un même concept, chaque groupe aura un livret avec plusieurs écrits, photos inédites et textes. Le tout sera finalement disponible fin juin.

Avec toute cette actualité, vous travaillez déjà sur un nouvel album inspiré des mythes et cultes de l’île de grecque de Samothrace… Tu peux nous en dire un peu plus quant à son contenu et sa date approximative de sortie ?

Les enregistrements pour ce nouvel album commenceront à la fin de l’été et donc je suppose que sa sortie sera prévue début 2006. La plupart des morceaux sont déjà prêts et nous les jouons déjà en live avec un certain succès. Nous sommes énormément satisfaits de ce nouveau travail, tant pour les thèmes abordés que pour les nouvelles sonorités explorées. Une bonne partie de l’album sera très rythmée, tribale, mantrique et rituelle. Riccardo fait un excellent travail aux percussions et crée aussi de nombreuses rythmiques avec des pads éléctroniques joués live alliés à des instruments acoustiques de la tradition orientale, le guitariste et moi-même jouerons également des timpani et percussions. Certains morceaux sont très sombres, d’autres plus dansants, les textes pour la plupart sont en latin, italien et quelques-uns en anglais. Il y aura aussi des morceaux plus éthérés et nostalgiques basés sur la guitare classique, comme de coutume, mais vous y trouverez aussi beaucoup de guitares électriques. J’ai en partie écrit les textes, les partageant avec la poétesse Mara Paltrinieri. L’artwork représentera des grottes, antres et lieux de culte de l’île de Samothrace. Notre webmaster est en train de concevoir une animation flash de présentation de l’album. Angela Zanella a créé un masque de cuivre d’un mètre et demi environ qui représente symboliquement la triple déesse.

"Arcana Eco" chez Ark Records (Italie), "Odos Eis Ouranos" sur Equilibrium (Portugal)… Où en êtes-vous exactement niveau label ? Est-ce que votre collaboration avec Cold Meat Industry est toujours d’actualité ?

Oui, notre collaboration avec Cold Meat Industry continue. Dès notre première expérience discographique nous avons toujours travaillé avec différents labels sur divers types de projets. Etant assez productifs nous avons toujours du nouveau matériel à proposer ce qui nous a permis de réaliser des albums, des live, des maxi CD, des vidéos et cette fois un livre avec un autre label que celui officiel. Mais le prochain album studio devrait être confié à Cold Meat une nouvelle fois.

Vittorio Vandelli a sorti son album solo "A Day of warm Rain in Heaven". Vous pouvez nous en dire plus là dessus ? A quoi ça ressemble ? Est-ce qu’on y retrouve des influences ATARAXIA ?

"A day of warm rain in heaven" est un album extrêmement personnel, un recoin où Vittorio a pleuré en cachette, une photographie intérieure. Les points communs avec ATARAXIA existent bien évidemment mais je pense que la différence essentielle réside dans l’absence d’un second compositeur tel que Giovanni. Ce travail a été inspiré par le poème de Coleridge 'The Rhyme of the ancient mariner', une forme d’expression romantique pour faire comprendre à tous ceux qui sont distraits par les choses matérielles que le respect de l’âme (comme des sentiments) est la chose la plus importante qui soit. Le voyage du vieux marin parti sous les meilleurs auspices devient vite une série de drames et de folies. L’impuissance de l’être humain confronté à sa propre nature engendre d’éternels conflits et souffrances. Petit à petit, avec l’aide du temps, les épreuves devraient nous rendrent plus sages et avec la sagesse, indissociablement liée à la tristesse, nous devrions arriver à la fin du voyage. La musique est assez variée, il y a des morceaux mantriques, d’autres ambient et d’autres encore utilisant des pads rythmiques et guitares électriques, un tango, quelques chansons élégiaques et tristes, d’autres romantiques et enfin quelques-unes très étranges. Ce travail a été apprécié tant par la critique que par le public et j’en suis très heureuse car il s’agit d’un album complet, profondément ressenti et sincère.

En dehors de la musique, exercez-vous d’autres activités artistiques comme le théâtre, la danse ou la peinture par exemple, ou est-ce qu’ATARAXIA est un projet si complet qu’il se suffit à lui-même ?

Théoriquement oui parce que nous sommes toujours heureux de collaborer avec des nouveaux artistes, qui plus est originaux, comme c’est arrivé récemment avec une compagnie de théâtre et tout particulièrement avec Angelo Zanella qui crée des masques de cuivre s’illuminant de l’intérieur avec des bougies (qui allument leurs yeux), durant nos performances ils montent des piédestaux hauts de deux mètres et y accrochent ses masques. Leurs visages sont inspirés par le karma de personnes vivantes ou disparues.

À travers votre musique très "ancestrale", on a du mal à vous imaginer évoluer dans la société contemporaine…

Oui, c’est vrai. Pourtant, d’une manière ou d’une autre, nous sommes, bien qu’aimant le passé, des personnes cosmopolites qui à travers le voyage ont élargi leurs propres horizons par la connaissance de cultures, de modes de vie et de lieux assez différents les uns des autres. Nous préférons la campagne à la ville, la pierre ancienne au ciment, le recueillement et la contemplation à la vie frénétique et à la vitesse mais nous connaissons aussi tout ce que la société contemporaine ‘demande’ ou ‘exige’ bien que ne le partageant pas, essayant de vivre autrement. Nous évoluons d’une façon intemporelle, parfois nous souffrons face à la superficialité et frénésie de notre époque mais en mettant en avant notre travail créatif nous dessinons progressivement notre évolution.

Dernière question, comment voyez-vous l’avenir d’ATARAXIA ?

Nous ne pouvons te répondre. Qui vivra verra. Pour le moment nous vivons le carpe diem cherchant à extraire de l’instant fuyant la quintessence de la vie. Et cela grâce à la musique.

Et bien merci de m’avoir accordé cet entretien. J’espère bien sûr vous revoir très prochainement sur scène et j’attends également avec impatience de découvrir toutes ces nouvelles réalisations… Bonne continuation à vous !

Merci à toi. Nous espérons également retourner jouer en France très bientôt, en attendant, quand j’en ai la possibilité, je continue à visiter ton pays de long en large, un pays dont j’aime le ciel qui me paraît si vaste, le charme architectural et culturel et la langue si musicale.
Bonne chance à AblaZine.


Lan
07/06/2005
NEWSLETTER



FORUM
Accès
Actuellement sur le forum : 2 personnes
+ 2 invités

PARTENAIRES
Groupes
Labels
Presse
Divers