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NEGURA BUNGET / ELUVEITIE / AES DANA / WARGASM / HEOL TELWEN / NEMETON
La Petite Loco, Paris (FR) - 16/12/2006

En ce pluvieux samedi après-midi, une fille d’attente interminable aux abords de la Locomotive présumait du futur succès de cette première édition du Pagan Fest, évènement étonnamment très couru, marquant le tout premier passage en France de cette fabuleuse et mystérieuse formation made in Roumanie qu’est NEGURÃ BUNGET !

Le premier groupe à entrer en scène -c’est le cas de le dire- se nomme NEMETON. Arrivée théâtrale très remarquée du quatuor breton, qui arpente le flanc de la salle en une sorte de procession d’avant bataille, accompagné de deux portes drapeaux, évidemment à l’effigie de la Bretagne.
Malgré cette surprenante entrée en matière, les corpsepaints bleus façon Braveheart et les notes de cornemuse, le Black/Death celtique de NEMETON ne se montre pas vraiment à la hauteur de la mise en scène, sans doute un peu trop linéaire, en particulier par rapport à tout ce qui va suivre… Dommage également que le choix d’une reprise se soit porté sur un titre aussi surexploité que le "Raining Blood" de SLAYER…

Ce sont les parisiens d’HEOL TELWEN qui prendront la relève. Depuis le début de la soirée, le public est en effervescence, jeune et surexcité comme à une première boum (heureusement, il n’y a pas école le lendemain !), et dans la fosse, l’ambiance devient électrique, trop même… une preuve de l’efficacité du Black à dominante celtique (plus prononcée que pour NEMETON) interprété avec conviction par les cinq membres du groupe. Le gros bémol de cette prestation fût sans doute le son de la flûte, quasiment imperceptible lorsque couplé avec les autres instruments, plus "électriques". Guitare acoustique, bombarde et chants clairs viendront agrémenter cette belle démonstration scénique, composée bien entendu d’extraits du premier album sorti l’année passée ainsi que du fantastique mini-cd "Mor Braz".

Viendra le tour de WARGASM, également originaire de la région parisienne, et officiant dans un genre plus brutal. En live, les titres du combo apparaissent plus typés Black que sur Cd, avec un premier album qui sonnait un poil plus Death. Fort d’un nouveau line-up, WARGASM bénéficiera d’un accueil un peu moins enthousiaste que pour ses deux prédécesseurs, mais délivrera néanmoins un set assez persuasif, avec des titres, sans surprise, très bien agencés et exécutés, hormis quelques rares pains à la batterie ;) L’ex-vocaliste, aux premières loges, s’est vu confié le micro par l’actuel tenant du titre le temps d’un couplet, un geste sympa et fair-play, qui pimentera un peu le show, à l’instar d’une cover de l’excellent "Night’s Blood" de DISSECTION, un pari plutôt osé mais réussi !

Un Pagan Fest à Paris n’aurait certainement pas été le même sans la présence des pionniers du genre, la horde d’AES DANA ! Curieux de voir qui allait remplacer (définitivement ?) Taliesin à la guitare, nous retrouvons également un petit nouveau à la flûte. Un line-up dans l’ensemble moins démonstratif et moins énergique qu’il y a quelques années, ce qui n’aura aucunement empêché une partie de l’auditoire de s’adonner à quelques pogos endiablés. Côté titres, essentiellement des représentants de "Formors", le dernier en date, plus deux où trois extraits de "La Chasse Sauvage". Malheureusement, même constat amer que pour la prestation d’HEOL TELWEN, une flûte presque inaudible, petit détail qui a son importance puisqu’il s’agit tout de même d’une composante majeure de la musique d’AES DANA…

Le groupe suivant constituera sans doute la plus grosse surprise de cette soirée ! ELUVEITIE, ainsi que son patronyme le suppose, nous vient de Suisse, pays connus pour ses fromages et son chocolat, comme l’ont très justement fait remarquer plusieurs personnes dans l’assistance…
La particularité de cette formation, c’est tout d’abord le nombre impressionnant de ses membres, huit au total, mais aussi et surtout la large palette d’instruments folkloriques utilisés, tels que la cornemuse, le violon, la flûte irlandaise, la vielle à roue, la mandoline... Malgré l’étroitesse de la scène, la troupe a très vite réussi à prendre ses marques et à instaurer une ambiance festive et dansante devant un public conquis d’avance.
Il faut dire qu’ELUVEITIE fait partie de ces groupes qui poussent le côté folklorique à l’extrême et vivent leur musique à fond, dégageant sur scène une énergie communicative à la manière d’un TURISAS ou d’un FINNTROLL. Ici, tout le monde, ou presque, pousse la chansonnette, avec une mention spéciale à la violoniste/choriste complètement déchaînée, ainsi qu’au colosse barbu (une vraie trogne de barbare !) dansant pieds nus au gré de ses airs de flûte ou de cornemuse. Un spectacle entraînant qui nous aura fait découvrir un groupe digne d’intérêt !

Dans un registre très différent, beaucoup plus sombre et expérimental que tous les autres groupes qui ont joué ce soir, NEGURÃ BUNGET démarre son set sur l’intro complètement atypique du dernier opus, -très loin des habituels clichés grandiloquents du genre- que bizarrement nous avions déjà eu l’occasion d’apprécier deux ans auparavant au Frontline de Gent. Bien heureusement, cette fois, le public était au rendez-vous, et l’accueil réservé au groupe sans comparaison avec la timide poignée de spectateurs présents en Belgique…
Une atmosphère mystérieuse digne d’un film de la Hammer s’installe dans la salle… Avec guitares à sept cordes, basse à cinq, non moins de deux claviers et quelques instruments aussi peu usités que xylophone, flûte de pan et planche à percussion, NEGURÃ BUNGET livrera un show envoûtant et singulièrement dépaysant, qui nous transportera, l’espace d’une soixantaine de minutes, dans la forêt brumeuse transylvanienne. L’ambiance volcanique de la fosse calmée, nous pouvons savourer les longs morceaux pleins de breaks et de passages en voix claire, en majorité issus de "Om", le nouvel album fraîchement sorti. Une musique de plus en plus personnelle et atmosphérique qui n’a pourtant pas abandonné son côté Black agressif.
Un concert intense et hypnotique pour ce groupe définitivement unique, et c’est tellement rare… !

Un petit festival très réussi, concentration de talents musicaux d’obédience Pagan/Folk de divers horizons, qui aurait bien mérité une salle de taille plus conséquente pour pouvoir faire rentrer tout le monde.


Lan
21/12/2006
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