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NEGURA BUNGET / CIRITH GORGOR / CRYSTALIUM / BLACKLODGE / GRIFFAR / HORRID FLESH / INKISITOR / DAEDALION
La Petite Loco, Paris (FR) - 05/05/2007

Ce premier week-end de mai marquera le retour tant attendu de NEGURÃ BUNGET à Paris, six mois seulement après un Pagan Fest riche en surprises. Entouré d’une poignée de groupes majoritairement français, les Roumains s’emploieront à nous livrer un show encore plus intense que leur précédent, malheureusement bien trop court pour en apprécier la teneur musicale à sa juste valeur…

C’est DAEDALION qui inaugurera cette troisième édition du "Black Metal Is Rising", devant une assistance encore timide, 15h n’étant pas nécessairement l’horaire le plus adéquat pour un concert Metal… Estampillé Medieval Black Metal, ce groupe Français originaire de la Drôme ne dégage rien de réellement exaltant. Les musiciens semblent pourtant doués, mais malheureusement au service d’un Black Metal trop stéréotypé et sans personnalité, à l’image d’une reprise du "Mother North" de SATYRICON, qui réussira tout de même à réchauffer en douceur le public présent.

Quelques instants plus tard, nous aurons droit à INKISITOR, manifestement les seniors de la soirée, et pourtant pas les moins énergiques ! Officiant dans un style Black/Death bien crasseux et sans fioritures, le groupe du Mans obtiendra un accueil enthousiaste bien mérité. Mené par un chanteur charismatique au micro en forme d’os à la MERCYFUL FATE, INKISITOR nous fera découvrir un échantillon de sa maigre discographie dans un esprit old school à souhait. Intéressant !

Suivront HORRID FLESH et son Death/Black Metal brutal et plutôt technique. Malgré la probable dextérité dont sont dotés les membres -masculins et féminin- du groupe français, difficile de rentrer dedans. HORRID FLESH trouvera néanmoins son public parmi les fans déjà convaincus et ceux que les titres auront réussi à interpeller.

Affublé d’un patronyme que l’on jurerait tout droit sorti d’un épisode d’Harry Potter, GRIFFAR n’a malheureusement pas hérité de la sobriété de ses prédécesseurs. Corpsepaints et intros grandiloquentes seront donc de rigueur, pour un set assez décevant. Tombant dans les travers les plus "clicheresques" d’un Black Metal, que même la présence du batteur de SETH ne parviendra pas à rendre plus crédible, GRIFFAR séduira pourtant un certain nombre de spectateurs…

La salle se remplit peu à peu pendant l’installation sur scène de BLACKLODGE, certainement le groupe qui, de tous, attisait le plus la curiosité du public parisien…
Ca commence mal pour les Français, qui malgré une entrée un peu ratée, restaient ceux sur lesquels reposaient les plus grands espoirs. Et pourtant quelle déception !
Si les efforts de mise en scène laissaient enfin augurer quelque chose d’original, ni les rideaux couleur aluminium, ni les néons de lumière noire ne sauront occulter un potentiel scénique inexploité. Un surprenant manque de cohésion entre le visuel et le musical, qui plombera complètement la prestation du groupe, noyé dans des samples Hard Tech/Indus trop envahissants. BLACKLODGE qui, espérons-le, sera plus en phase avec son répertoire en septembre au Nouveau Casino. Vraiment dommage... !

Le quatuor CRYSTALIUM s’en sortira heureusement mieux, bien en place et peut-être davantage rodé pour les lives. Avec un quatrième album à son actif, le groupe lyonnais -qui partage toujours son batteur avec ARKHON INFAUSTUS- distille un Black Metal efficace, conjuguant agressivité et mélodies avec harmonie. Inspirés sans être d’une originalité folle, les morceaux, chantés en français, passent suffisamment bien pour ne pas s’ennuyer, bien que seulement quelques titres supplémentaires auraient sans doute été de trop.

Autant CIRITH GORGOR laisse une assez bonne impression sur cd, autant en live, c’est triste à mourir… Repoussant les limites du mauvais goût, les bataves aux grimages surannés se prennent vraisemblablement un peu trop au sérieux pour rendre leur prestation intéressante et crédible. La faute peut-être à un nouveau vocaliste au timbre désagréablement criard, vitrine d’un groupe qui ne parvient pas à véhiculer le moindre feeling et sombre inévitablement dans le caricatural. Le show de la soirée à oublier…

Le moment tant attendu arrive enfin. Cette nouvelle prestation des Roumains s’annonce sous les meilleurs auspices, le groupe ayant une fois de plus apporté son attirail d’instruments folkloriques, parmi lesquels, percussions, flûte de Pan, xylophone... Et c’est le cor géant qui inaugurera le set, dans son ensemble plus instrumental que la fois passée, articulé essentiellement autour du dernier opus "Om". La voix envoûtante d’Hupogrammos, tantôt black tantôt claire, et la musique atmosphérique de NEGURÃ BUNGET s’unissent pour un voyage magique et intemporel, destination la Transylvanie et ses forêts brumeuses… Une ambiance quasi-mystique qui hypnotise littéralement la salle, sensible à l’aura qui émane du ténébreux vocaliste, réincarnation de Raspoutine, et du groupe, l’un des rares capables de gérer les titres sans chant avec une aisance aussi déconcertante.
NEGURÃ BUNGET qui ferait d’ailleurs une excellente bande son pour un film de la Hammer ! Un groupe définitivement unique, humble et sans artifices, que l’on espère vivement (et vite !) revoir dans de meilleures conditions.

22h, fin des hostilités, place aux clubbers du samedi soir, avec une désagréable impression d’inachevé… On aurait aimé que soit privilégiée la qualité à la quantité.


Lan
25/05/2007
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